Rencontre de nos agriculteurs locaux

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Qu’est-ce qui se trouve derrière notre assiette bio ? A quoi ressemble un agriculteur bio ?
Nous nous sommes rendus sur place dans les fermes qui fournissent nos Biocoop du Mantois.

L’anniversaire de la Biocoop d’Epone, fêté en mars-avril dernier, a donné l’occasion aux biocoopains de franchir la porte de 3 exploitations biologiques (ou en cours de conversion) situées toutes 3 à quelques kilomètres des Biocoops du mantois.

Des vaches au large et des arbres dans le pré

ranke1A la Bergerie de Villarceaux, Olivier Ranke s’avance vers nous avec son chapeau vert pomme et le sandwich à la main : l’agriculteur agronome s’excuse doucement, il n’a pas eu le temps de déjeuner. L’accueil est chaleureux et la visite commence par le tour des bâtiments : des travaux tout juste finis ont rénové entièrement ce qui devient un écocentre expérimental. Gîtes, centre de
formation, ferme « globale » de culture et d’élevage bio sur plus de 300 hectares, massif forestier de 250 hectares, la Bergerie est la propriété de la « Fondation Charles Lépold Mayer pour le progrès de l’homme ». La ferme est convertie à l’agriculture biologique depuis 1997 et produit de la viande d’agneau et de bœuf (les fameux colis commandables dans les biocoop du Mantois), des farines, des huiles de tournesol et de colza, des légumes secs et plus récemment des pommes de terre (à retrouver aussi dans les rayons des biocoop).
Olivier nous conduit vers l’étable des vaches. Sous la charpente en construction traditionnelle stabulent de nomranke2breuses vaches sur la paille. Elles n’ont pas encore rejoint les prairies, le printemps n’est pas totalement là. Tiens, ces vaches ont toutes leurs cornes note un des visiteurs de la biocoop. Oui, car ici, nous explique Olivier, l’espace vital pour chaque animal est plus
important qu’en élevage traditionnel, les conflits entre animaux dominants/dominés se règlent d’eux même – ou presque.
Si toutes les vaches sont des salers, plus loin le troupeaux de brebis est un mélange de différentes races. Difficile de rester là à discuter… les bêlements fusent de partout !
Nous suivons Olivier sur un des nombreux chemins du domaine de la bergerie et, tout en discutant rotation des cultures, il nous amène vers une parcelle assez énigmatique : un champ avec un nombre important d’arbrisseaux. La création d’un verger
? Non, il s’agit d’une nouvelle expérience pour la bergerie : l’agroforesterie.
Les arbres d’essences différentes ont été plantés pour leur rôle dans l’écosystème : ils peuvent permettre, entre autres, de fixer les matières organiquesranke3 dont les cultures ont besoin en profondeur dans le sol. Les arbres peuvent avoir aussi un véritable rôle dans la protection des cultures : vent, isolation… Résultat de l’expérience d’ici 50 ans nous dit Olivier, ce sera pour d’autres que
moi, quand on fait ce type d’expérience, il faut être prêt à travailler sur d’autres échelles de temps.
Et pour la cohabitation exploitations bio et non bio comment fait-il avec ses voisins ? Pas trop de problèmes en fait confirme Olivier, l’exploitation est grande, une partie des parcelles sont bordées par les forêts de l’exploitation et des haies plantées en bordure des autres parcelles la protègent efficacement des pulvérisations des produits phytosanitaires des voisins.

Des abris à perce-oreilles et bientôt des mètres d’eau de pluie

La problématique de la cohabitation entre exploitations
bio et non bio est loin d’
ê
tre la m
ê
me pour les fr
è
res
Gaillard, arboriculteurs aux Alluets-le-Roi En phase
de conversion
à
l’agriculture biologique, Dominique et
Jean-Marc Gaillard ont repris l’exploitation familiale de
fruits. 29 hectares dispers
é
s sur plusieurs communes.
Se prot
é
ger des pulv
é
risations non bio et non d
é
sirables,
c’est ici devoir sacrifier pour chaque verger plusieurs
rang d’arbres limitrophes qui n’auront pas le label bio.
Malgr
é
ce probl
è
me, la d
é
cision de la conversion a
é
t
é
pour eux une n
é
cessit
é
afin de trouver
une
solution
à
la r
é
sistance aux insecticides et de gagner
en ind
é
pendance face au march
é
de Rungis. En
2009/2010, ils prennent connaissance d’une solution
pour traiter la tavelure en m
é
thode biologique, ils
franchissent alors le pas.
Jean-Marc Gaillard, qui accueille notre visite
«
biocopains
»
, nous explique que leur production en conversion
trouve aujourd’hui d
é
bouch
é
en circuit court
: AMAP,
restauration collective, restaurants, p
â
tissiers, traiteurs,
vente directe sur l’exploitation et… Biocoop. Allez, nous
dit-il, on marche,
ç
a caille. Nous passons alors devant
une
é
norme fosse
destin
é
e
à
r
é
cup
é
rer les eaux de
pluie. Creus
é
e il y a 2 ans, la fosse se remplie peu
à
peu, elle sera
servira
à
l’arrosage des cultures. Jean-
Marc continue de nous raconter comment l’exploitation
se convertit peu
à
peu.
En l’
é
coutant dans la fra
î
cheur
de cette fin de matin
é
e, on se rend compte
que passer
en mode bio, c’est passer en mode
«
recherche
et
exp
é
rimentation
»
: essai de nouveaux outillages pour le
travail m
é
canique de d
é
sherbage, pi
è
ge
à
insectes de
couleur (le jaune ne marche pas, on se met au blanc),
abris pour perce-oreilles pr
é
dateurs de ravageurs,
bient
ô
t peut-
ê
tre la biodynamie. Bref pas de sillon tout
trac
é
: peu de savoirs sont aujourd’hui synth
é
tis
é
s. C’est
d’abord dans les
é
changes avec les autres agriculteurs
biologiques que la pratique se forme.
Frapper avant d’entrer
Pr
è
s des fr
è
res Gaillard, c’est la ferme de la famille Bignon
à
Feucherolles qui est le voisin bio le plus proche, un
soutien de taille
: une grande exploitation de c
é
r
é
ales
et prot
é
agineux sur 130 hectares ainsi qu’un
é
levage
de poules pondeuses.
Damien et Marie H
é
l
è
ne ont commenc
é
la conversion
bio de l’exploitation d’abord avec l’
é
levage de poules
pondeuses en 1999. Infirmi
è
re de m
é
tier, impossible
pour Marie H
é
l
è
ne de concevoir un
é
levage qui n’offre
pas les meilleures conditions de vie
à
ses animaux. Les
poules rousses sont
é
lev
é
es ici en plein air. Et avant
de pr
é
senter les poules aux biocopains, Marie H
é
l
è
ne
frappe
à
la porte de l’
é
levage pour pr
é
venir les b
ê
tes
:
no stress, sinon les œufs seront tout frip
é
s
!
Devant le hangar
à
machine avec son
é
norme tracteur
bleu, Damien nous parle de l’exploitation. Ici on essaye
de concevoir l’agriculture et l’
é
levage de la fa
ç
on la plus
int
é
gr
é
e possible
: les c
é
r
é
ales produites nourrissent
les poules, et les fientes des poules servent d’engrais
pour la production des c
é
r
é
ales. Et
é
videment ici pas de
d
é
sherbant , mais un travail m
é
canique pour nettoyer
le sol autour des cultures qui n
é
cessite 30% de main
d’œuvre en plus.
Damien est aussi le pr
é
sident du Groupement des
Agriculteurs Bio Ile de France (GAB). L’occasion d’
é
voquer
avec lui le d
é
veloppement du bio en Ile de France. Si la
demande est forte, difficile pour beaucoup d’agriculteurs
de sauter le pas de la conversion
: il y a bien s
û
r
le probl
è
me des emprunts en cours dans le cadre
de l’agriculture conventionnelle, mais passer au bio
ins
é
curise d’une certaine fa
ç
on avec le sentiment
pour
les agriculteurs qu’ils n’ont droit
à
rien
: pas de pesticides
et pas d’herbicides… Il faut du temps avant de pouvoir
l
â
cher sereinement les pratiques actuelles et miser sur
le travail de l’
é
cosyst
è
me
: peu
à
peu les
é
quilibres se
refont dans les sols avec moins de maladies et moins
de parasites.
Merci l’
é
quipe de la Biocoop pour ces belles rencontres.
Et merci aux agriculteurs qui nous ont ouverts leurs
portes chaleureusement.
On repart après avec le sentiment d’être un peu moins « hors sol »… !
En savoir d’avantage :

 

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